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vendredi 19 novembre 2010

Jim, viens quand tu peux- mais peux bientôt

La rencontre avec Catherine - qui avait le sourire de la statue de l'île : "Cela commençait comme un rêve" in Jules et Jim de F. Truffaut.

J'ai à nouveau quitté Paris- cette fois en train, et seule (double adieu.) Catherine les avait exhortés à quitter tous les trois Paris sous la pluie pour aller au bord de la mer.

Ici, où il pleut tant, le nouveau chat me ravit (mais je pense toujours au premier qui a disparu.) J'ai cuisiné avec lui bien droit sur sa chaise (interdiction de monter sur la table- il a usé de stratagèmes- en vain) J'ai laissé les minuscules oignons grelots entiers et ai tailladé ceux de Roscoff.

Tout à fait le genre de plat parfumé qui aurait pu satisfaire l'appétit de Catherine : "Ah ce que j'ai faim, si on allait dîner là" en désignant l'Auberge de la Bécasse- avant le coup de théâtre du petit pyjama blanc.

Je rêve que le petit chat tigré (qui a des chaussettes blanches- et le droit à sa soucoupe de poisson) se transforme en commis de cuisine pour aller chercher des herbes fraîches dans le jardin- un peu comme Belzeb, Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen (un excellent livre de l'écrivain finnois Arto Paasilina.) Le pasteur a enseigné à son ours diverses tâches ménagères- mais il excelle à la prière, cet ursidé dévot.

mercredi 23 juin 2010

Far West



Nous avions roulé des heures sur ces routes cahotantes du Far West français. Une missive à remettre en mains propres. A quelqu'un qui vit dans un autre monde-où le téléphone a une camisole de force. Nous nous perdîmes. Nous nous gorgeâmes du paysage-au moins le trou perdu jouissait d'une folle cambrousse luxuriante. Rien à voir avec l'Arizona.

Le nom du hameau-indiqué sur une pancarte rouillée et masquée par les mauvaises herbes-fleurait bon l'exotisme. Alerté par le bruit d'une voiture, un homme bondit hors de sa cahute au toit de tuiles. Il dévisagea les intrus d'un air mauvais. Il ne nous lâcha pas du regard le temps d'un demi-tour nerveux. Il était posté-là, silencieux-comme sur ses gardes. Il ne lui manquait qu'une carabine. L. proposa de faire un pied de nez-et de tirer la langue. Nous n'en fîmes rien.



Laurie Colwin est un auteur que je ne me lasse pas de relire. J'aime tout d'elle, et encore plus-je crois, Accidents.
Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen de Arto Paasilinna me fait beaucoup rire, c'est une lecture parfaite pour le métro-mais qui n'en serait que plus délicieuse sur une plage.